MON COEUR
DE VINGT ANS
Quel est ce triste sort
Qui m’a fait vous chercher
Quand j’étais jeune encore
sans jamais vous trouver
N’était-ce point le temps
Pour que le charme opère
N’avais-je point vingt ans
Qui vous étaient offerts
Aujourd’hui de ce temps
Je ne peux rien offrir
Qu’un peu de papier blanc
Et des mots pour vous dire
Que des vingt ans mon coeur
N’est point si éloigné
C’est à vous qu’à chaque heure
Il doit d’en approcher
Oh n’ayez nulle crainte
Madame d’en souffrir
Ma passion n’est pas feinte
Mais saura se tenir
D’aucuns mots impudents
Vous n’aurez à rougir
Mon coeur de vingt ans
Jamais ne sut les dire
DAME SOLITUDE
Qu’il est loin ce temps là
Où j’ai du vous maudire
Quand toujours dans vos bras
Je cherchais à vous fuir
Mes regards pour vous
Avaient tout de l’injure
Quand les votres étaient doux
Et soignaient mes blessures
Vous disiez que ma peine
Etait à vos côtés
Et qu’auprès de mes chaînes
Vous aimiez vous coucher
Qu’insensible aux caresses
Que vous aviez pour moi
J’avais une maîtresse
Et ne le savais pas
Puis le temps est passé
Et mon coeur s’est ouvert
J’ai compris en amant
Ce qu’une amante espère
Et aujourd’hui je crois
Pour en être moins bête
Qu’il n’est point d”autre loi
Qu’aimer ce que vous êtes
Un silence ennemi
M’enleva mon amour
Sous son joug mes amis
Me quittèrent à leur tour
Et j’eus été bien fort
D’échapper à la vie
Si le silence encore
Ne m’en ôta l’envie...
Toujours l’inexprimable s’allie à la beauté
Et quand même les mots peuvent nous émerveiller
C’est encore le silence qui dit la vérité...
L’ENVIE DE VOUS REVOIR
Avec le gris de Payne et le blanc de titane,
J’ai rouvert les yeux d’une vierge romane.
D’un pinceau malhabile et de mille esquisses,
J’ai mis dans mes carnets les attraits d’Eurydice.
Avec les pans de l’ombre jouant dans la lumière,
J’ai fait jouer mes doigts sur des fusains de chair.
Avec de l’eau des pleurs et un peu de sanguine,
J’ai vu pleurer ma plume sur vos courbes divines.
Avec le vent d’automne et les couleurs du soir,
J’ai peint sur les chemins l’envie de vous revoir.
Avec peu ou rien, peut-être moins je crois,
Je serai où vous êtes quand vous n’y êtes pas...
MA VIE A SA CADENCE
Ma vie à sa cadence et sa conjugaison
Des liens sans que j’y pense se nouent et se défont
Elle n’en fait qu’à sa tête et pour me taquiner
Me convie à la fête mais ne veut point danser
Qu’elle me donne des ailes pour une bien-aimée
Aussitôt elle s’en mêle et c’est la marche à pied
La fatigue ne dure que deux ou trois soupirs
Je reprends ma monture et file vers le pire
Tout près de réussir il ne faut que me taire
Me suffisant de dire pour le dire de travers
Et trois soupirs encore et quelques os qui craquent
Savez-vous que mon coeur Madame fait tic tac
Et c’est ainsi Madame qu’un jour je vous vis
Dissimulant mon drame sous de la comédie
Ma vie à sa cadence et sa conjugaison
Je n’ai que la patience et la résignation
PAROLES...
Paroles guillerettes toutes à vous divertir,
Qui courent et puis s’arrêtent pour vous entendre rire.
Paroles de papier que vos charmes m’inspirent,
Qu’heureux je fais chanter, malheureux je déchire.
Paroles de velours aux rubans de couleur,
Qui pour vous faire la cour enrobent votre coeur.
Paroles de détresse mendiant à votre porte,
Qu’on écoute et qu’on laisse au vent qui les emporte.
Paroles de plaisir qui vous content l’amour,
N’ayant d’autre désir que de durer toujours.
Paroles trop émues qui doucement s’approchent,
Mais qui jamais n’ont pu sortir de ma poche.
Paroles qui se meurent, paroles qu’on enterre,
Paroles dont le sort n’était point de vous plaire...
MERCI
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